Sortie du nucléaire : le point de la situation au 16/03/2011

Depuis l’entrée en vigueur de la loi sur la sortie du nucléaire, en 2003, des investissements importants ont déjà été consentis dans de nouvelles centrales au rendement élevé (TGV, cogénération) et dans les renouvelables. De nombreux autres projets de production d’électricité sont en construction ou planifiés, et devraient voir le jour dans les années qui viennent. Pour les TGV, on peut citer Amercoeur (Roux), Marchienne, Visé ou encore Tessenderlo. Pour la cogénération gaz ou biomasse, les projets des entreprises Ineos, Exxon, Lanxess Rubber, Degussa (toutes à Anvers) et Stora Enso (Gand). Pour l’éolien, il y a les trois projets offshore les plus avancés, ainsi qu’une multitude de petits projets sur le territoire de notre pays.

A partir de la puissance installée de ces installations (et, le cas échéant, après déduction de la puissance d’unités qu’elles remplacent), leur production d’électricité peut être estimée sur base d’un chiffre d’équivalent d’heures de fonctionnement à pleine puissance. On arrive alors pour l’ensemble de ces projets récemment entrés en service, en construction ou devant entrer en service d’ici 2015, à une production électrique annuelle de près de 23.000 GWh (voir fichier en pdf ci-dessous). Or, les réacteurs nucléaires devant fermer en 2015 produisent 14.600 GWh/an .

Un calcul prudent

Le premier chiffre peut être qualifié de « prudent ». En effet, il ne prend pas en compte les nombreux projets de centrales TGV annoncés et dont la concrétisation n’a pas encore réellement débuté, mais qui pourraient voir le jour avant 2015 ou peu après. Duferco a par exemple pris une option sur un terrain de 15 hectares en bordure de Sambre, à Farciennes, pour la construction d’une centrale de 450 MW. D’autres centrales TGV ont été annoncées en Flandre : Delta à Beveren-Indaver (425 MW), Essent à Genk (400 MW), Eneco à Beringen (900 MW), Borealis sur le même site (100 MW), EDF à Evergem (900 MW) et EDF à Dilsen (900 MW). Pour la plupart de ces centrales, d’une puissance totale de plus de 4.000 MW (plus du double de la puissance combinée de Doel 1, Doel 2 et Tihange 1 !), l’entrée en service escomptée est 2013-2014, mais les permis doivent encore être obtenus et des retards sont possibles/probables. Nous ne les avons donc pas du tout prises en compte. Nous n’avons pas non plus tenu compte du projet de centrale à charbon de l’Allemand E.on à Anvers. D’une puissance de 1.100 MW et devant entrer en service en 2014-2015, cette centrale suffirait à elle seule à remplacer près de 2/3 de la capacité nucléaire devant être mise hors service d’ici 2015, mais elle fait l’objet d’une vive opposition du mouvement environnemental à cause des importantes émissions de CO2 qu’elle générerait et, si elle a reçu la licence de production du ministre fédéral de l’Energie, tant la Région flamande que la province d’Anvers ont dit non à cette centrale.

En matière d’éolien offshore, outre les trois projets les plus avancés et pris en compte dans les calculs (871 MW), plusieurs autres projets ont obtenu la concession domaniale et d’autres encore ont introduit la demande de concession. Ces projets devraient voir le jour peu après 2015 et en tout cas d’ici 2020. Au total, la capacité installée des projets éoliens offshore sera alors supérieure à 2.000 MW.

En marge de ces estimations, une multitude de petits projets

Nos calculs n’incluent pas non plus une multitude de petits projets, en particulier dans le domaine de la production d’électricité à partir de biomasse (avec ou sans cogénération, en ce inclus les projets de conversion de centrales au charbon en centrales à biomasse) et de la cogénération au gaz. Parmi ces projets on trouve Borealis Anvers (41 MW), Kemira (60 MW), BRC Anvers (40 MW), Cockerill Angleur (25 MW), Oleon Ertvelde (60 MW), Solvay Ineos Anvers (60 MW), Warcoing (40 MW), soit plus de 300 MW au total. En outre, ces chiffres représentent la situation au jour d’aujourd’hui, mais il est clair que d’autres projets pourraient être lancés d’ici à 2015, surtout si la loi de sortie du nucléaire est confirmée par le prochain gouvernement fédéral et/ou que des politiques incitatives sont mises en place, notamment dans la cogénération. Si pour 2015, la « relève » est assurée, le défi principal reste d’augmenter notre efficacité énergétique et de voir réaliser des investissements suffisants pour assurer notre approvisionnement en énergie d’ici 2025, tout en sortant totalement du nucléaire et en diminuant fortement nos émissions de CO2. Pour cela, il faudra développer davantage la cogénération, mais également les renouvelables (éolien, solaire thermique et photovoltaïque), notamment en jouant un rôle moteur dans les futurs grands projets renouvelables internationaux (éolien en Mer du Nord, solaire en Méditerranée) et en mobilisant les capitaux financiers en conséquence.

Nouvelles centrales de production électricité (novembre 2010)
Cette liste de nouvelles capacités de production d’électricité consiste en une compilation réalisée au départ de sources diverses : rapports annuels de la CREG, publications d’Elia, autorités régionales ou fédérales en charge de l’octroi des permis et concessions domaniales, informations en provenance des promoteurs de projet eux-mêmes (sites web, communiqués de presse, rapports annuels), presse économique et spécialisée (ex. Platts).

Nouvelles_centrales_de_production_electricite_novembre_2010_(document PDF)

La Belgique veut prolonger le nucléaire de 10 ans

Un dossier LeSoir.be préparé par LAMQUIN,VERONIQUE; CONDIJTS,JOAN; DEMONTY,BERNARD; DE MUELENAERE,MICHEL; octobre 2009

Paul Magnette propose le maintien de l’exploitation de trois centrales nucléaires belges. La sortie du ministre socialiste reçoit un accueil glacé.

Prolonger de dix ans la durée d’exploitation des trois plus anciennes centrales nucléaires belges, c’est-à-dire Doel 1 et 2 et Tihange 1, appelées pourtant à fermer en 2015 en vertu d’une loi de 2003. Voilà la proposition de Paul Magnette, ministre fédéral de l’Énergie. Il suit en cela les conclusions d’un rapport livré ce jeudi par le comité d’experts chargé de définir les contours du futur mix énergétique de la Belgique. Cette prise de position publique sur le maintien du nucléaire sera défendue par Paul Magnette devant le gouvernement ce vendredi. Une réunion qui risque de se dérouler sous haute tension, tant la sortie du ministre socialiste (un communiqué de presse à 18 h 30, sans que toute l’équipe Van Rompuy Ier soit tenue au courant) en a choqué plus d’un. Si accord il y a au fédéral, Paul Magnette discutera (avec Electrabel principalement) alors dans les détails pratiques les modalités de ce maintien. Lire la suite

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